Pour comparer les titres de presse du jour, le plus rapide est de partir du sujet plutôt que du journal. Le Curseur regroupe les titres de 27 médias français qui traitent un même événement. Des pastilles indiquent combien de titres viennent de la gauche, du centre et de la droite, et « Comparer les titres sur une page » les aligne. Vous voyez d'un coup d'œil qui en parle, comment, et qui n'en parle pas.
Le principe : un sujet, tous les titres
Sur une page d'agrégateur classique, les titres arrivent dans le désordre : un article du Figaro, une dépêche reprise par RFI, une analyse de Libération, sans lien apparent entre eux. Pour comparer, il faut retrouver soi-même les articles qui parlent de la même chose.
Le Curseur fait ce travail. Les titres qui traitent un même sujet sont regroupés dans un seul bloc. Chaque titre garde l'étiquette de sa source (gauche, centre ou droite). On lit donc le sujet comme un éventail de points de vue, et non comme une suite d'articles isolés.
Mode d'emploi en quatre gestes
- Choisir l'affichage. Tout le fil, un seul bord, ou le mode « Équilibré » qui fait remonter les trois sensibilités. Pour comparer, partez du mode « Équilibré ».
- Lire les pastilles. Sous chaque sujet, elles montrent combien de titres viennent de chaque bord. Un sujet couvert partout n'a pas le même poids qu'un sujet porté surtout par un camp.
- Déplier le sujet. Un clic affiche tous les titres groupés par bord : gauche, centre, droite.
- Aligner. « Comparer les titres sur une page » place les titres côte à côte. C'est la vue la plus efficace pour repérer les différences de vocabulaire et d'angle.
Comptez une à deux minutes par sujet.
Ce que la comparaison du jour fait apparaître
Les sujets couverts partout… et les autres
Certains événements sont couverts par les trois bords : une décision du Conseil constitutionnel, un remaniement, une catastrophe naturelle. D'autres n'apparaissent que d'un côté. L'indicateur « Angle mort » les signale. Un sujet couvert par un seul bord montre souvent mieux que tout autre les priorités de chaque rédaction.
Les mots choisis
Sur un même fait, un titre parle de « mobilisation », un autre de « blocage ». L'un écrit « cotisations », l'autre « charges ». Alignés sur une page, ces écarts sautent aux yeux. Quand on lit un seul journal, ils passent inaperçus.
Le point de départ du récit
Un titre commence par la décision, un autre par la réaction, un troisième par les conséquences pour les ménages ou les entreprises. Ce qui est placé en tête oriente la lecture de tout le reste.
Le volume
Quand les pastilles sont très déséquilibrées, c'est qu'un bord s'est emparé du sujet pendant que l'autre le traite en quelques lignes. C'est une information en soi.
Comparer à la main : ce que ça coûte vraiment
Sans outil, il faut ouvrir chaque site, retrouver l'article sur le sujet, noter le titre et recommencer. Avec 27 sources et deux minutes par site, on dépasse 50 minutes pour un seul sujet. Et on perd encore du temps à chercher des articles chez des médias qui n'en ont pas publié. La plupart des lecteurs n'ont pas ce temps, et finissent par s'informer dans un ou deux journaux.
Avec le fil comparé, l'exercice prend quelques minutes chaque jour, sans abonnement et sans inscription.
Une routine pour les jours d'actualité chargée
Lors d'un vote important, d'une allocution présidentielle ou d'une grande manifestation :
- Le matin, ouvrez le sujet et lisez les titres de chaque bord pour voir comment l'événement est annoncé.
- En fin de journée, revenez sur le même sujet. De nouveaux titres sont arrivés, avec les réactions et les analyses, souvent plus tranchés.
- Comparez les deux moments. Une fois les titres alignés, on voit nettement le passage des faits au commentaire.
Les étudiants qui travaillent sur le cadrage médiatique peuvent garder une trace de chaque comparaison, en capture ou en copiant les titres. Ils se constituent ainsi un petit corpus daté, prêt pour un mémoire ou un exposé.
Qui s'en sert
- Les lecteurs qui veulent savoir en quelques minutes comment un événement est présenté ailleurs que dans leur journal habituel.
- Les étudiants en journalisme et en science politique qui ont besoin d'exemples concrets de cadrage.
- Les enseignants en éducation aux médias, qui trouvent chaque jour de nouveaux sujets à comparer en classe.
- Les lecteurs lassés de la polarisation, qui cherchent une vue d'ensemble avant de se faire une opinion.