Alternatives Économiques est un média de gauche. Sur Le Curseur, il figure dans la colonne gauche. Sa ligne défend la réduction des inégalités, les services publics, la protection sociale et la transition écologique. Le ton reste d'abord pédagogique. Le titre n'a ni milliardaire ni groupe industriel à son capital : c'est une coopérative détenue par ses salariés depuis 1984.
Fiche express
| Élément | Détail |
|---|---|
| Type | Mensuel économique et site d'information |
| Création | 1980, à Dijon, par l'économiste Denis Clerc |
| Propriétaire | Ses salariés, via une SCOP (depuis 1984) |
| Thèmes phares | Inégalités, travail, protection sociale, écologie |
| Bord sur Le Curseur | Gauche |
| Fiche source | Alternatives Économiques sur Le Curseur |
Une ligne sociale et écologiste, plus réformiste que radicale
Le nom résume le projet. En 1980, Denis Clerc lance le magazine pour rendre l'économie lisible par le grand public. Il veut aussi montrer que d'autres politiques sont possibles que celles présentées comme inévitables. Plus de quarante ans après, les mêmes sujets reviennent :
- Inégalités : écarts de revenus et de patrimoine, héritage, fiscalité des plus aisés. Le magazine plaide pour un impôt plus progressif.
- Travail et protection sociale : retraites, assurance chômage, hôpital, conditions de travail, analysés du point de vue des salariés et des usagers.
- Écologie : coût de la transition, sobriété, fiscalité carbone et partage de l'effort.
- Économie sociale et solidaire : coopératives, mutuelles, associations, un secteur que la presse économique généraliste couvre peu.
Ce positionnement le situe à gauche, mais pas à l'extrême gauche. Alternatives Économiques ne prône pas la sortie du capitalisme. Il défend une économie de marché régulée, un État social fort et une Europe plus sociale. On le rapproche de la social-démocratie et de l'écologie politique plutôt que de la gauche radicale. La nuance compte : dans la même colonne du Curseur, L'Humanité, quotidien historiquement lié au Parti communiste, porte une ligne nettement plus à gauche.
Le titre est aussi un outil scolaire. Ses hors-séries, comme « L'état de l'économie », et ses dossiers chiffrés sont très utilisés en sciences économiques et sociales (SES), au lycée comme dans le supérieur. Il édite également la revue trimestrielle L'Économie politique.
Qui possède Alternatives Économiques ?
Le magazine est une SCOP (société coopérative et participative) depuis 1984. Concrètement :
- Les salariés détiennent la majorité du capital et des droits de vote.
- Chaque associé dispose d'une voix, quel que soit le nombre de parts qu'il possède.
- Aucun actionnaire extérieur ne peut imposer une ligne ni revendre le titre à un groupe.
Ses recettes viennent d'abord de ses lecteurs : abonnements, ventes au numéro, hors-séries. Le contraste est net avec une grande partie de la presse française, détenue par des industriels. Le Figaro appartient au groupe Dassault, Le Parisien et Les Échos à LVMH, CNews et Le JDD à des sociétés du groupe Bolloré. Le statut coopératif ne fixe pas l'orientation politique. En revanche, il garantit que la ligne est choisie par l'équipe, pas par un propriétaire.
Pourquoi Le Curseur le classe à gauche
Le bord attribué qualifie la ligne d'ensemble d'une source, pas chaque article. Quatre critères permettent de la situer :
- La ligne revendiquée : chercher des « alternatives » au libéralisme économique, depuis 1980.
- Le choix des sujets : inégalités, climat, droits des salariés et services publics font la une. La Bourse ou la gestion de patrimoine, centrales dans la presse économique libérale, y sont rares.
- Les positions sur les grands clivages : davantage d'impôt sur les hauts patrimoines, un rôle actif de l'État, une finance plus régulée.
- Les signatures : économistes keynésiens ou hétérodoxes, chercheurs, responsables associatifs et syndicaux en tribune.
Les quatre critères pointent vers la gauche. Le magazine n'est lié à aucun parti. Ses analyses s'appuient sur la statistique publique (Insee, Eurostat, OCDE), si bien que ses chiffres sont repris bien au-delà de son lectorat.
Le lire face au centre et à la droite
Un classement sert surtout à comparer. Prenez la taxe Zucman, cet impôt plancher de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d'euros, débattu en France en 2025. À gauche, l'angle dominant porte sur les inégalités et les recettes publiques. Au centre, il porte sur l'effet pour les entreprises et leurs actionnaires. À droite, sur la pression fiscale et le risque d'exil. Mêmes faits, trois cadrages.
Sur Le Curseur, les titres qui traitent un même sujet sont regroupés, et des pastilles montrent combien viennent de chaque bord. Un clic déplie le sujet, avec tous les titres rangés par bord. Le bouton « Comparer les titres sur une page » les aligne : la formulation d'Alternatives Économiques se lit à côté de celle de Challenges ou du Figaro. L'indicateur « Angle mort » signale les sujets couverts par un seul bord, par exemple une étude sur l'économie sociale et solidaire reprise uniquement à gauche.
À lire en contrepoint
- Même bord, autre méthode : Basta!, média d'enquête sociale et écologique, ou L'Humanité.
- L'économie vue du centre-droit : Challenges, hebdomadaire libéral tourné vers l'entreprise, classé au niveau 4 sur 5 sur Le Curseur.
- L'économie vue de droite : Atlantico, site libéral-conservateur.
Pour suivre ces trois sensibilités dans un seul fil, le mode « Équilibré » du fil d'actualité mêle les titres de gauche, du centre et de droite.