Le Parisien n'est ni un journal de gauche ni un journal de droite au sens militant. C'est un quotidien généraliste et populaire, que la plupart des classements placent au centre, parfois au centre droit. Il publie peu d'éditoriaux engagés. Son orientation se lit surtout dans le choix des sujets et dans le ton. Voici les repères pour le situer.
De Le Parisien libéré à Le Parisien
Le journal paraît pour la première fois en août 1944, sous le nom *Le Parisien libéré*, à la Libération de Paris. Émilien Amaury le fonde dans les locaux du *Petit Parisien*, interdit pour collaboration. Le groupe Amaury, qui possède aussi L'Équipe, en reste propriétaire pendant plusieurs décennies. Le titre devient *Le Parisien* en 1986, et une édition nationale, *Aujourd'hui en France*, est lancée en 1994.
Un propriétaire industriel depuis 2015
En 2015, LVMH, le groupe de Bernard Arnault, rachète Le Parisien. Il possédait déjà Les Échos. Ce rachat a soulevé des questions sur l'indépendance de la rédaction face aux sujets économiques qui concernent l'actionnaire. La rédaction n'a pas pour autant pris une ligne politique partisane : Le Parisien reste un journal d'information grand public.
Pourquoi on le classe au centre
- Peu d'éditoriaux engagés : contrairement au Figaro ou à Libération, Le Parisien prend rarement position sur les grands débats politiques.
- Une information de proximité : faits divers, transports, logement, pouvoir d'achat, santé, sport et éditions locales en Île-de-France et dans l'Oise.
- Un ton concret : le journal s'intéresse aux conséquences pour le lecteur (prix, horaires, démarches) plutôt qu'aux joutes idéologiques.
- Des interlocuteurs variés : les responsables politiques de tous bords y donnent des entretiens, souvent au moment des grands rendez-vous électoraux.
Pourquoi certains le placent au centre droit
Le centre n'est pas l'absence de cadrage. Deux éléments expliquent qu'une partie des observateurs le situent un peu à droite :
- La place des faits divers et de la sécurité : ces sujets occupent une grande partie des pages, notamment en Île-de-France. Ce choix éditorial rapproche certaines unes de l'agenda de la presse de droite.
- Un actionnaire issu des grandes entreprises : comme beaucoup de titres détenus par des groupes industriels, il est rarement soupçonné d'hostilité envers le monde économique.
À l'inverse, ses enquêtes sur la santé, le logement ou les conditions de travail croisent souvent les sujets de la presse de gauche. Cette double proximité explique son classement au centre.
Le Parisien parmi les autres quotidiens
| Journal | Classement le plus courant | Signe distinctif | |---|---|---| | L'Humanité | Gauche | Questions sociales, monde du travail | | Libération | Gauche | Unes engagées, sujets de société | | Le Monde | Centre gauche | Journal de référence, ton institutionnel | | Le Parisien | Centre | Proximité, faits divers, vie quotidienne | | La Croix | Centre | Regard chrétien, international, solidarités | | Le Figaro | Droite | Éditos libéraux-conservateurs, FigaroVox | | CNews | Droite | Débat d'opinion télévisé |
Exercice : ce que révèle un titre du Parisien
Prenez une hausse des prix de l'énergie. Le Parisien titrera volontiers sur l'impact pour les ménages, avec un chiffre concret et des conseils pratiques. Le Figaro s'intéressera plutôt aux entreprises ou à la fiscalité, et Libération à la précarité énergétique. En comparant ces trois angles, vous voyez comment fonctionne un journal du centre : il part du quotidien du lecteur plutôt que d'une grille idéologique.
Comparer Le Parisien aux autres bords avec Le Curseur
Le Curseur agrège les titres de 27 médias français classés à gauche, au centre ou à droite. Le Parisien y côtoie Le Monde, Le Figaro, Libération, La Croix, L'Humanité et CNews. Les articles qui traitent du même sujet sont regroupés avec un décompte par bord, et le bouton le dépliage du sujet affiche toutes les formulations sur une même page. Le mode « Équilibré » mélange les trois bords dans le fil pour une vue d'ensemble rapide de l'actualité.